Le tour du Queyras

Du 29 juin au 9 juillet 2026

Le GR® 58, ou Tour du Queyras, est un sentier de grande randonnée situé dans les Hautes-Alpes, un parcours de 115 kilomètres à travers le Parc naturel régional du Queyras. Considéré pour la diversité de ses paysages de moyenne montagne, il traverse prairies, forêts de mélèzes, villages typiques et cols d’altitude, jusqu’à Saint-Véran, la plus haute commune d’Europe. Créé sous l’impulsion de Philippe Lamour, ce sentier est reconnu pour ses hébergements variés et ses itinéraires secondaires, faisant du Tour du Queyras une expérience incontournable pour les amateurs de randonnée.

Lundi 29 juin : Rendez-vous à Ceillac

En pleine période de canicule à Pessac, nous surveillions tous, depuis une semaine, les prévisions météo dans le massif du Queyras, en espérant que les averses et orages annoncés ne se concrétisent pas. Parés à toute éventualité, nous nous retrouvons à Ceillac (1660 m) lundi 29 juin où nous dînons au restaurant avant de passer la nuit en gîte d’étape.

Mardi 30 juin : Ceillac - Saint-Véran

Le groupe prêt pour débuter le séjour

Les averses orageuses ne sont annoncées qu’à partir de 14 heures. L’objectif de cette première journée est donc de passer le col avant.  Nous débutons à 8 heures notre itinérance dans la vallée du Cristillan en remontant le GR®5 dont l’arrivée sur Ceillac est jalonnée de cairns insolites. Au niveau du Villard (1830 m), nous quittons le GR® 5 qui continue vers le col du Fromage, et poursuivons vers le col des Estronques (2651 m). Nous faisons une première pause à 10 h 30 après avoir dépassé un groupe de VTTistes, dont certains semblent en difficulté malgré l’assistance électrique. Nous sommes déjà à 2400 m d’altitude et profitons de la vue dégagée sur la vallée. 

Des cairns insolites
Première pause à 2400 m

Nous reprenons notre ascension, et après avoir franchi notre premier col (2651 m),  nous entamons la descente vers Saint-Véran. Repassant les 2400 m d’altitude, nous nous octroyons une seconde courte pause en contrebas de la cabane du Puy et à vue de notre objectif du jour qui est tout de même à 3 kilomètres. 

Col des Estrongues
Pause à 3 km de Saint-Véran

Finalement nous arrivons, secs, vers 13 h 30 et pouvons profiter de l’après-midi pour une petite visite du plus haut village d’Europe (2042 m), ou pour nous réhydrater avant la séance d’étirements et le dîner. 

Arrivée à Saint-Véran
Fin de la première étape

Les chiffres du jourdistance : 12,7 km ; dénivelé : + 1183 m / – 804 m ; durée de l’étape : 5 h 40 ; IBP 115

Mercredi 1er juillet : Saint-Véran - Refuge d'Agnel

Les prévisions météo évoluent favorablement et nous quittons Saint-Véran plus sereins, d’autant que notre étape du jour franchit le plus haut col du séjour. Nous nous engageons dans la haute vallée de Saint-Véran, et passons à proximité de l’ancienne mine de cuivre,  puis arrivons à la chapelle de Clausis où nous faisons une première pause. C’est l’occasion pour Thierry de montrer comment utiliser une boussole pour s’orienter. 

La Haute vallée de St-Véran, au fond l'ancienne mine de cuivre
La chapelle de Clausis

Nous poursuivons notre ascension jusqu’au col de Chamoussière (2884 m) où nous faisons une deuxième pause avant de monter jusqu’au pic de Caramantran (3021 m).

Pause au col de Chamoussiere (2884 m)
Pic de Caramantran (3021 m)

Du sommet nous profitons d’un magnifique panorama à 360 degrés sur le Queyras et l’Italie, avec la silhouette élancée du mont Viso (3841 m) tout proche. En cours de descente, nous réalisons un exercice de sécurisation pour rappeler à chacun les techniques de base en cas de besoin.

Le mont Viso
Exercice de sécurisation

Nous arrivons à notre refuge un peu avant 15 h 30. Loin de la canicule girondine, le petit vent rafraichit notre séance d’étirement de 18 h 30 à 2580 m d’altitude.

Arrivée au refuge d'Agnel
Étirements à 2580 m

Les chiffres du jour distance : 14,6 km ; dénivelé : + 1123 m / – 562 m ; durée de l’étape : 7 h 20 ; IBP 113

Jeudi 2 juillet : Refuge d'Agnel - L'Échalp

Après deux étapes soutenues, l’objectif du jour est plus modeste et permet à nos organismes de prendre le rythme. Le soleil est au rendez-vous. Même en dormant à 2580 m d’altitude, la journée débute par une montée au cours de laquelle nous bénéficions d’une vue sur le Pain de sucre (3208 m). Notre sentier est précisément marqué pour protéger certaines espèces végétales, comme le Jonc Arctique, rescapées des grands bouleversements climatiques qu’a connu notre planète, mais également animales, comme le lagopède.

Le Pain de sucre (3208 m)
Zone de protection de la biodiversité

Il ne faut guère plus d’une heure pour que notre groupe de « jeunes » arrive au col du Vieux (2806 m). La température contraste avec la canicule girondine et nous entamons sans traîner notre descente vers le lac Foréant où nous faisons une première pause. 

Un groupe de jeunes au col du Vieux
Vers le lac Foréant

Nous poursuivons notre descente vers la haute vallée du Guil en passant à côté de cascades  qui attirent des nuées de papillons et du lac Egorgéou.  

Cascade
Papillons attirés par la cascade
Lac Egorgéou

 Nous faisons  notre deuxième pause au bord du torrent de Bouchouse où certains se rafraichissent les pieds pendant que d’autres s’octroient une petite sieste digestive. Nous terminons notre descente en franchissant le Guil pour atteindre l’Echalp  vers 14 heures.

Sieste au bord du torrent de Bouchouse
Le Guil et l'Echalp en fond

Les chiffres du jour distance : 11,5 km ; dénivelé : + 307 m / – 1169 m ; durée de l’étape : 5 h 55 ; IBP 87

Vendredi 3 juillet : L'Échalp - Abriès

Après une étape facile la veille, ce vendredi s’annonce sportif. Non pas pour les 17 km, 1000 m d+, et 1100 m d- qui nous attendent mais pour les participants de l’Ultra tour du Grand Raid du Guillestrois-Queyras qui se sont élancés à 5 heures de Guillestre pour 170 km et que nous croiserons (pour les premiers) sur notre fin d’étape.
Après les échauffements quotidiens, nous débutons notre étape en longeant le Guil jusqu’à la Monta avant de débuter notre ascension   en forêt vers la crête de Peyra Plata (2576 m)  et atteindre le sommet de la Lauzière.  Nous continuons sur la crête de Gilly grâce au travail des baliseurs bénévoles jusqu’à la Collette de Gilly. 

Début de montée en quittant la Monta
Crête de Peyra-Plata (2576 m)
Sommet de la Lauzière et crête de Gilly
Reconnaissance du travail des baliseurs

A partir de ce point, nous sommes sur le parcours du grand raid, prêt à encourager les traileurs que nous croiserons. Nous nous installons pour le pique-nique. C’est en repartant, à l’orée du bois au sol jonché d’épiaires du Mont Prada (dites hérissées) que nous croisons le premier concurrent, qui lutte contre de violentes crampes d’estomac. Finalement, il terminera les 100 km restants et arrivera premier avec 2 h 38 d’avance sur le deuxième, croisé 20 minutes plus tard.

Pause sur le parcours du Grand raid du Guillestrois-Queyras
Descente en forêt au milieu des épiaires du Mont Prada

Tout au long de notre descente vers Abriès nous encourageons les participants. Nous terminons notre étape à 15 h 30, bien avant le passage du dernier coureur prévu à 23 heures.

Descente vers Abriès
Concurrent du Grand raid

Les chiffres du jour distance : 15,9 km ; dénivelé : + 997 m / – 1138 m ; durée de l’étape : 7 h 20 ; IBP 124

Samedi 4 juillet : Abriès - Les Fonts-de-Cervières

En quittant Abriès, nous débutons la journée par un chemin de croix  jusqu’au « Calvaire du GR », continuons à monter sur un sentier en balcon, passant devant Notre Dame des 7 douleurs  et arrivons au Malrif. 

Chemin de croix
Notre-Dame des 7 douleurs
Le Malrif

En continuant notre ascension nous atteignons le lac du Grand Laus second plus vaste lac du Queyras (2579 m) où nous faisons une pause].

Le lac du Grand-Laus
Pause les pieds dans l'eau dans le lac du Grand-Laus

Les batteries rechargées, chacun monte à son rythme au col du petit Malrif (2830 m) et certains poussent jusqu’au pic du Malrif (2900 m). 

Col du Petit-Malrif
Pic de Malrif

Il est temps de quitter provisoirement le parc régional du Queyras et descendre dans la vallée de Cervières   pour rejoindre le hameau des Fonts, au pied du majestueux pic du Grand Rochebrune (3320 m). Merci à Philippe pour la conduite du groupe sur cette étape et pour ton engagement à rejoindre l’équipe d’animateurs bénévoles.

La vallée de Cervières
Arrivée au Fonts-de-Cervières

Les chiffres du jour distance : 15,4 km ; dénivelé : + 1359 m / – 864 m ; durée de l’étape : 7 h 35 ; IBP 129

Dimanche 5 juillet : Les Fonts-de-Cervières - Souliers

Après Philippe hier, c’est Jean-Marc, futur animateur également, qui prend en charge le groupe aujourd’hui pour le conduire à Souliers. Nous quittons les Fonts (qui tire son nom du latin Fontes « source, fontaine », d’où la présence d’eau abondante). Le premier objectif  est de rejoindre le parc régional du Queyras.

Départ des Fonts-de-Cervières
Objectif col de Péas

Pour ce faire, il faut monter jusqu’au col de Péas (2629 m). Les 600 m de d + sont parcourus en 2 heures. Nous passons le col où un névé a résisté aux douceurs du printemps et faisons une pause un peu plus bas à l’abri du vent. Puis nous débutons la descente, prenant le temps d’une explication sur les coordonnées UTM présentes sur tous les poteaux indicateurs.

Névé sur le col de Péas
Explications sur les coordonnées UTM

Nous poursuivons la descente avec le massif des Écrins en point de mire et arrivons en plein service du déjeuner à notre gîte à Souliers. 

Les Écrins en point de mire
Arrivée à Souliers

Les chiffres du jour distance : 11,5 km ; dénivelé : + 630 m / – 830 m ; durée de l’étape : 5 h 35 ; IBP 92

Lundi 6 juillet : Souliers - La Chalp-d'Arvieux

Pas encore animateur, mais déjà baliseur fédéral, c’est Jean-Luc qui aujourd’hui s’essaye à la conduite du groupe. Pour tester sa capacité d’adaptation, et surtout en raison d’une météo favorable et d’un groupe motivé, nous avons décidé hier soir d’opter pour une variante hors GR passant par le lac de Souliers. Après avoir fait le plein d’eau à l’une des nombreuses fontaines,  nous montons sur un sentier ombragé vers la bergerie de Souliers.

Fontaine à Souliers
Fin du sentier ombragé

Nous retrouvons un environnement plus minéral où s’épanouissent les edelweiss. 

Paparazzi...
Edelweiss

Nous poursuivons notre ascension pour arriver au Lac de Souliers, presque parfaitement rond d’où son surnom d’œil du Queyras. Au cours de la descente vers Brunissard, nous franchissons plusieurs pierriers. 

Lac de Souliers
Traversée de pierriers

Puis nous retrouvons la forêt parsemée de blocs de pierre. Privé de café à Brunissard (fermeture hebdomadaire), nous rejoignons La Chalp d’Arvieux par un sentier en balcon que nous avions emprunté en 2021 lors de notre séjour sur le GR 5. Jean-Luc a rempli sa mission du jour. Reste à le convaincre de sauter le pas et devenir animateur.

Cohabitation minéral-végétal
Cohabitation minéral-végétal
Brunissard
Mission accomplie pour Jean-Luc

Les chiffres du jour : distance : 14 km ; dénivelé : + 758 m / – 920 m ; durée de l’étape :  6 h 20 ; IBP 100

Mardi 7 juillet : La Chalp-d'Arvieux - Bramousse

Après deux « petites » étapes, nous abordons la plus « grosse », toujours sans aucune pression météo. Nous débutons par la remontée du sentier pris la veille, jusqu’au belvédère du coin  et continuons à travers les pierriers  et ruisseaux  jusqu’au torrent de Combe Bonne.

En route vers le Belvédère
Traversée de pierriers...
...et de ruisseaux

Nous passons à côté de la cabane du Plan du Vallon (2020 m) puis après une première pause avant de quitter la forêt, nous nous lançons dans l’ascension du col de Furfande (2500 m), coupant les lacets de la piste empruntée par les vélos.

Cabane du plan de Vallon
Au col de Furfande

Après l’échec « café » de la veille, nous décidons de continuer vers le refuge de Furfande un peu plus bas. Finalement certains craqueront, pour une omelette, un potage, ou une tarte. Mais la journée n’est pas finie, et une longue descente nous attend, à travers un des plus jolis alpages du Queyras. Nous partageons le GR avec les troupeaux et franchissons des passages sécurisés.

Le refuge de Furfande
GR à usage partagé
Un aménagement récent

Au Chalelard (1650 m), la température atteint 30° C et il faut continuer à descendre en dessous de 1200 m pour franchir le Guil. Une fois le pont passé, il ne nous reste « plus que » 1000 m, mais avec 240 m de d+ soit une pente moyenne de 24 %.

Le Chatelard
Guil à franchir pour remonter à Bramousse

 En fin de journée, après s’être rafraîchi, chacun profite de l’environnement pour découvrir les lavoirs, les quatre fours à pain restaurés de Bramousse dont un est chaque 15 août utilisé pour cuire 8 kg de pain, des gigots et des pâtisseries. Pour l’occasion, les bénévoles commencent son allumage et mise en température deux jours plus tôt. 

Lavoir
Four à pain

Les chiffres du jour : distance : 18 km ; dénivelé : + 1241 m / – 1469 m ; durée de l’étape :  7 h 50 ; IBP 136

Mercredi 8 juillet : Bramousse - Ceillac

Il faut s’y résoudre, ce matin, c’est le départ de notre dernière étape.  Nous montons à travers les Mélèzes puis les Pins Cembro (aussi appelés Aroles). 

Départ de Bramousse
Dans la forêt de Bramousse

Nous passons les Chalets de Bramousse et atteignons le col de Bramousse (2251 m) où nous pique-niquons avant de nous accorder une dernière sieste.

Les chalets de Bramousse
Pique-nique au dernier col du séjour

La descente sur Ceillac  s’effectue sur un sentier facile entre des arbres remarquables. Il est 13 heures quand notre objectif est en vue.  

Descente sur Ceillac
Arrivée à Ceillac

Après la photo du groupe prise à l’endroit même où tout a commencé neuf jours plus tôt, c’est l’heure des préparatifs pour la route du lendemain. La journée se termine au restaurant où chacun est partagé entre fierté d’avoir réalisé une itinérance de neuf jours (une première pour quatre d’entre nous) dans un environnement extraordinaire et l’envie de repartir pour de nouvelles aventures.

Le groupe à l'arrivée
Repas de fin de séjour

Les chiffres du jour : distance : 9,4 km ; dénivelé : + 799 m / – 618 m ; durée de l’étape :  4 h 50 ; IBP 88

Si la faune s’est faite discrète au cours de notre séjour, probablement en raison des températures anormalement élevées pour la région, nous avons profité d’une explosion de couleur grâce à une flore abondante et variée.
Vous trouverez en cliquant sur l’image ci-contre un échantillon des fleurs qui ont jalonné notre parcours.

Notre bonne étoile nous a permis de réaliser ce séjour dans des conditions idéales, sans les averses annoncées avant notre départ et avant l’arrivée de violents orages qui se sont abattus sur le secteur le lendemain de notre retour isolant Ceillac pendant 36 heures. 
La montagne reste un environnement qui peut rapidement évoluer.

Félicitations à l’ensemble des participants et à bientôt pour de nouvelles aventures.