Le tour du pic du Midi d’Ossau

Du 20 au 25 août 2026

Le tour du pic du Midi d’Ossau se fait traditionnellement depuis le Lac de Bious-Artigues, mais pour ce séjour, les organisateurs avaient décidé d’ajouter une dimension historique à ce parcours incontournable des Pyrénées en partant de la vallée d’Aspe, passant par le chemin de la mâture à l’aller et par le fort du Portalet au retour.

Le groupe au complet devant l'Ossau

Jeudi 20 août : Rendez-vous à Etsaut

Alors que Pessac subit la cinquième vague de chaleur de l’été, nous sommes 14 à rejoindre Etsaut en Vallée d’Aspe pour profiter d’un climat plus frais et plus humide, et nous lancer dans une itinérance de 4 jours sur un parcours d’une grande diversité où se mêlent forêts, prairies, lacs et zones rocheuses. Nous nous installons au gîte d’étape. Avant le dîner, les équipements individuels sont distribués et un rappel de leur utilisation est fait afin d’être prêts pour le départ demain.

Vendredi 21 août : Etsaut – Refuge d’Ayous par le chemin de la Mâture

8 heures : après quelques échauffements, nous prenons le départ. L’étape qui suit le GR 10 peut faire peur. En effet, nous débutons par un dénivelé de + 1600 m alors que certains d’entre nous n’ont pas marché depuis juin. Nous débutons  en bord de route, puis continuons en empruntant le chemin de la mâture (chemin de 1 200 m taillé dans le rocher, achevé en 1772 pour transporter les troncs entre la forêt du Pacq et le gave d’Aspe avant que ceux-ci rejoignent Oloron-Sainte-Marie et terminent leur périple dans les arsenaux de Bayonne où ils deviennent des mâts pour les bateaux de la marine royale.

Le départ d'Etsaut
Le chemin de la Mâture

C’est aussi pour nous l’occasion d’observer le Fort du Portalet de l’autre côté des gorges du Sescoué, également connues sous le nom des gorges d’enfer. Nous poursuivons notre progression, croisant des vaches et des ânes.

Le fort du Pourtalet
Chemin partagé
Ravitaillement des bergers

Nous traversons ensuite le plateau de Baigt de Sencours, passant à proximité des cabanes de bergers et de leurs troupeaux  et atteignons le col d’Ayous (2126 m) vers 14 h 30.

Au col d'Ayous
Cabane de berger
Troupeaux en estive

Le pic d’Ossau est alors en vue et nous l’observerons sous tous les angles au cours des 2 prochains jours. Il ne nous reste qu’un kilomètre et 200 m de d- pour atteindre le refuge d’Ayous (1970 m) où nous passons notre deuxième nuit.

Descente vers le refuge d'Ayous
Le refuge d'Ayous

Les chiffres du jour : 14 km, +1626 m, -247 m, IBP 106, 7 h 20 de marche (pauses comprises)

Samedi 22 août : Refuge d’Ayous – Refuge de Pombie par Bious-Artigues

8 h 25 : après une première nuit en refuge où nous avons partagé un unique dortoir et profité de la respiration des voisins de matelas, le jour se lève sur le Lac Gentau. Nous reprenons le GR 10 longeant plusieurs lacs d’Ayous (Gentau, du Miey, et Roumassot) reliés par des cascades pour rejoindre le lac de Bious-Artigues (1419 m) que nous atteignons en moins de 2 heures.

Lever du jour sur le lac Gentau
Cascades
Lac de Bious-Artigues

Nous avons alors parcouru 5,5 km sur une pente moyenne de 10 %. Après s’être délesté des poubelles du refuge et pris une petite pause, nous devons débuter la montée du jour (+700 m à 15%) pour atteindre le col de Suzon. Les panneaux signalétiques nous annoncent 2 h 30, mais Thierry estime que 2 heures suffiront. Nombreux sont ceux qui en doutent. Nous traversons les pâturages de Magnabaigt  et poursuivrons dans le fond du vallon supérieur de Magnabaigt jusqu’au col de Suzon (2127 m) que nous atteignons à 12 h 45.

Pâturages de Magnabaigt
Pause au col de Suzon

L’objectif des 2 heures est finalement atteint par tous les participants. Après une deuxième pause, nous débutons notre dernière descente du jour pour rejoindre le refuge de Pombie. Il est 14 heures, ce qui nous laisse du temps libre pour un peu de détente à proximité du refuge ou autour d’une table de tarot ou pour discuter avec un enfant du pays qui à 11 ans est déjà un berger dans l’âme. 

Descente vers Pombie
Le refuge de Pombie
Un jeune berger passionné

Les chiffres du jour :13,2 km, +766 m, -719 m, IBP 89, 5 h 35 de marche (pauses comprises)

Dimanche 23 août : Refuge de Pombie - Refuge d’Ayous par le Peyreget

8 heures : l’étape du jour débute par la montée vers le col de Peyreget (2314 m). Malgré la pente à 20 %, nous prenons le temps d’observer les lacs, une quinzaine d’izards, des marmottes et une hermine qui arbore son pelage d’été (brun sur le dos et blanc sous le ventre).

Lacs au dessus de Pombie
Lacs

Les nuages qui enveloppent le pic de Peyreget ne découragent pas 8 d’entre nous, qui s’élancent vers le sommet (2484 m) espérant une éclaircie ponctuelle pour profiter d’un magnifique panorama sur le cirque d’Anéou et une vue sur l’Ossau.

Montée au pic de Peyreget
Pic de Peyreget

Mais le miracle n’a pas eu lieu et nous redescendons, sans tarder, retrouver le reste du groupe qui se refroidissait au col. La descente vers le lac de Peyreget s’effectue en traversant un chaos.

Pause au col de Peyreget
Traversée de chaos

Au cours de la descente vers la cabane de Pount, nous nous accordons une pause sous la vigilance d’une marmotte qui signale tout passage dans le secteur.

Pause en dessous de la cabane de Peyreget
Marmotte en alerte

Nous remontons en suivant le GR 108 (tour des lacs d’Ayous). A l’approche du lac Castérau, nous réalisons un exercice de sécurisation sur un franchissement vertical qui permet de se familiariser avec une utilisation des équipements de protection individuels confiés en début de séjour. Nous repartons ensuite vers le lac Bersau, laissons les chevaux sur les crêtes  et redescendons vers le refuge d’Ayous.

Exercice de sécurité
Chevaux en liberté

Les chiffres du jour : 13,1 km, + 1016m, -1075 m, IBP 115, 8 h 15 de marche (pauses comprises)

Lundi 24 août : Refuge d’Ayous – Etsaut par le bois de Lagaube

8 h 15 : après avoir bouclé le tour de l’Ossau, il est temps pour nous de rejoindre la vallée d’Aspe. Nous débutons en remontant au col d’Ayous, puis rapidement nous quittons le GR 10 en direction du refuge de Larry. Nous poursuivons notre descente en balcon et faisons une pause avant de franchir le ruisseau de Yerre.

Descente vers la cabane de Larry
Sentier en balcon au dessus d'Urdos

L’horizon est sombre et les nuages qui arrivent du sud ne nous laissent que peu d’espoir de finir notre étape au sec.  Finalement, c’est en contrebas du col de Couret qu’une averse de pluie puis de grêle s’abat sur nous. Le tonnerre gronde sur les crêtes. Nous stoppons alors notre progression pour ne pas nous exposer au passage des antennes de Rouglan. A peine un quart d’heure plus tard, l’averse s’éloigne et nous repartons vers le fort du Portalet par un sentier suivi d’une piste.

L'orage approche...
Descente vers le fort du Portalet

Au détour de nombreux lacets, elle nous offre une vue sur le chemin de la Mâture emprunté 3 jours plus tôt.
Il est presque 14 heures quand nous prenons notre dernière pause, confortablement installés sur la terrasse du fort.

Chemin de la Mâture vu de la rive gauche
Dernier pique-nique

Nous visitons le  fort qui fut construit pour garder la frontière des Pyrénées, afin de protéger la route du col du Somport des invasions espagnoles, mais qui pendant la seconde moitié du XXe siècle, sous le régime de Vichy, se transforma en prison pour de nombreuses personnes jugées responsables de la défaite comme, Léon Blum, Édouard Daladier, Paul Reynaud, Georges Mandel et même le maréchal Pétain avant son exil à l’île d’Yeu. 

Visite du fort
Le fort

Nous repartons vers notre objectif en empruntant la passerelle himalayenne de Sescoué inaugurée en 2022. Il est 16 h 55 quand nous arrivons à Etsaut, où l’appel de la bière est plus fort que celui des étirements. Nous partageons un dernier repas ensemble avant le retour demain matin.

La passerelle de Sescoue
Réhydratation

Les chiffres du jour : 17 km, +464 m, -1833 m, IBP 97, 8 h 40 de marche (pauses et visite comprises)

Ce séjour fut l’occasion pour certains de découvrir l’itinérance en montagne, la vie simple en refuge (dortoirs collectifs, pas de douche, ni de réseau, ni d’électricité). Il a aussi été l’occasion d’enrichir les expériences de chacun (sur la constitution du sac à dos, de l’utilisation des équipements de protection individuelle, de l’environnement montagneux et de ses risques associés …) pour envisager de futurs séjours, en club, en famille ou dans un autre cadre.
Et bien sûr, ce fut l’occasion d’apprécier les somptueux paysages pyrénéens sous différents angles et éclairage

Bravo à tous et merci pour l’ambiance conviviale dans laquelle nous avons partagé ce dernier séjour de la saison