Chemin de Stevenson 2026

Du 10 au 21 juin 2026

Le chemin de Stevenson débute au Monastier-sur-Gazeille petite bourgade  de Haute-Loire et point  de  départ de Robert Louis Stevenson  qui y commença son aventure le 22 septembre 1878, accompagné de son ânesse Modestine. En 1993 la Fédération française de randonnée pédestre balise le chemin entre le Monastier-sur-Gazeille et Saint-Jean-du-Gard. Devenu  GR 70 il s’impose au fil des années comme  l’un des grands classiques de la randonnée itinérante.  

J 1 - Le Monastier-sur-Gazeille - Le Bouchet-Saint-Nicolas

 Rendez-vous était donné ce mercredi 10 juin aux 12 participants au gîte  » L’île au Trésor  » situé dans le vieux centre ville face à l’ancien couvent et à proximité immédiate de l’abbaye Saint-Chaffre.

L'ancien couvent, devenu malgré des apparences trompeuses, bâtiment communal
Les voûtes de l'imposante abbatiale

Le lendemain matin, dès les premiers kilomètres, le sentier traverse les paysages caractéristiques du Velay, façonnés par un passé volcanique. Les chemins bordés de murets de pierres, les prairies d’altitude et les vastes plateaux offrent une entrée en matière tout en douceur avant la descente vers le village du Goudet, construit au confluent de la Loire et de la Gazeille et dominé par les ruines du château de Beaufort.

Le village du Goulet traversé par la jeune Loire
Le village du Goulet dominé par le château de Beaufort est traversé par la jeune Loire
.....qui rencontrera en aval des édifices bien plus prestigieux

Après avoir franchi la rivière, une montée soutenue permet de retrouver les hauts plateaux. Les paysages alternent entre pâturages, bois de résineux et petites exploitations agricoles jusqu’à l’arrivée au Bouchet-Saint-Nicolas.

Les chiffres du jour : distance : 24 km ; dénivelé : + 772 m / – 491 m ;  durée de l’étape : 6 h 12  IBP 82

J 2 Le Bouchet-Saint-Nicolas - Pradelles

 Cette deuxième journée poursuit la traversée des hauts plateaux de la Haute-Loire. Les paysages ouverts alternent entre prairies, vastes cultures de lentilles,  petits bois. Chaque pas sur ces larges sentiers de pouzzolane nous rappelle la trace indélébile que le volcanisme ancien a laissé dans cette région. Nous traversons plusieurs villages où les maisons témoignent d’une architecture traditionnelle encore bien préservée.

Des champs à perte de vue
Y'a plus de trains ! Alors on regarde passer les randonneurs

A mi-parcours, nous traversons Arquejol avant de passer sous le viaduc du même nom, construit en 1908 pour relier Le Puy à Langogne qui lui aussi, depuis 1980, ne voit plus passer que des randonneurs se hissant à sa hauteur, avant d’entamer une longue montée vers le rocher de la Fagette  pour redescendre ensuite sur Pradelles.

Le viaduc d'Arquejol
Vue sur le lac de Naussac depuis la montée vers le rocher de la Fagette

Les chiffres du jour : distance : 21 km ; dénivelé : + 350 m / – 410 m ;  durée de l’étape : 5 h 15  IBP 59

J 3 - Pradelles - Le Cheylard-l'Évêque

En quittant Pradelles, le chemin nous amène progressivement vers les terres du Gévaudan et nous entrons dans le département de la Lozère. Les plateaux laissent place à une nature plus sauvage où alternent forêts, landes,  pâturages et où la pierre de granite remplace progressivement la roche volcanique du Velay.  Après Langogne l’ambiance devient plus montagnarde et plus sauvage. 

Entrée dans la forêt
Sortie du bois

Le parcours traverse de petits hameaux où le temps semble s’être arrêté. À mesure que l’on progresse, la Margeride dévoile ses grands espaces et ses forêts profondes. L’arrivée à Cheylard-l’Évêque est précédée par une magnifique descente en sous-bois avant d’atteindre le  Refuge du Moure, adresse incontournable, offrant depuis des années, par la qualité de ses repas et petits-déjeuners un accueil d’un niveau inégalé.

Magnifique sous-bois avant l'arrivée à Cheylard-l'Évêque
L'incontournable Refuge du Moure

Les chiffres du jour : distance : 23 km ; dénivelé : + 445 m / – 484 m ;  durée de l’étape : 5 h 31  IBP 68

J 4 Le Cheylard-l'Évêque - Chasseradès

Après avoir quitté le Refuge du Moure nous empruntons le GR 70 durant 2 km pour bifurquer sur le GR 470 qui nous mènera , à travers bois, au pied du Moure de la Gardille, point culminant de la journée (1480 m), avant de devenir le GR 7. Sur la carte le tracé est parfait. Sur le terrain le sentier s’est transformé sur des kilomètres en une (très) large piste DFCI caillouteuse et sans aucune ombre. L’aménagement, du point de vue sécurité n’est pas discutable, et le randonneur doit s’adapter. 

Le GR 7 transformé en piste DFCI
Quelques trouées rompent la monotonie de la piste

Nous arriverons enfin au pont des Taillades où nous récupérerons le GR 70 au pied des éoliennes avant de descendre vers Chabalier pour rejoindre notre gîte  » Les Airelles  » situé juste à côté de la gare de Chasserades.

Les éoliennes après le pont des Taillades
Pas de doute, nous sommes sur le bon chemin

Les chiffres du jour : distance : 22 km ; dénivelé : + 531 m / – 478 m ;  durée de l’étape : 5 h 17  IBP 73

J 5 Chasseradès - Le Bleymard (Les chalets du Goulet)

Journée de récupération aujourd’hui avant deux grosses étapes. Nous suivons la route quelques instants à la sortie du gîte avant de traverser le village. Nous profitons depuis l’église d’un beau point de vue sur le viaduc de Mirandol et ses galeries pare-congères, nous rappelant que le ciel n’est pas toujours bleu en Lozère.

L'abreuvoir à droite et le lavoir à gauche construit postérieurement
Le viaduc de Mirandol et sa galerie pare-congères

Nous passons au pied de l’imposant viaduc où une stèle rend hommage aux ouvriers qui perdirent la vie lors de
sa construction. Nous remontons ensuite vers l’Estampe avant d’entrer dans la forêt communale du Goulet.

Point de vue depuis l'Estampe
Champ fauché au pied de la forêt du Goulet

Arrivé au carrefour Guy-Cubizolle nous quittons le GR pour suivre la D 120 quelques instants avant de prendre un sentier forestier qui nous mènera aux chalets du Goulet.

Dans la forêt du Goulet
La route menant aux chalets

Les chiffres du jour : distance : 16 km ; dénivelé : + 458 m / – 389 m ;  durée de l’étape : 4 h 29  IBP 56

J 6 Le Bleymard (Les chalets du Goulet) - Le Pont-de-Montvert

Notre gîte étant situé à 2,5 km au-dessus du village nous arrivons déjà échauffés au Bleymard pour attaquer, dans un premier temps la montée menant à la station de ski du Mont Lozère, première difficulté de la journée avant de débuter l’ascension proprement dite, plus précisément celle du pic Finiels (1699 m).  

Montée vers la station de ski du Mont Lozère
Début de l'ascension du pic Finiels

Par beau temps l’ascension de ces croupes dénudées et ventées ne présente aucune difficulté et les montjoies, ces blocs de pierre taillés plantés verticalement pour guider le voyageur par temps de brouillard, ne nous seront d’aucune utilité.

Les montjoies
L'arrivée au sommet
Le groupe au sommet
Panorama sur les Cévennes

Au sommet, les panoramas s’étendent à perte de vue sur les Cévennes, l’Aubrac et parfois jusqu’aux Alpes par temps clair. La descente nous conduit ensuite vers le  Pont-de-Montvert, village traversé par le Tarn, qui occupe une place importante dans l’histoire des Camisards, ces protestants cévenols qui résistèrent au pouvoir royal au début du XVIIIe siècle.

Descente vers le Pont-de-Monvert
Le Pont-de-Montvert niché au fond de la vallée

Les chiffres du jour : distance : 23 km ; dénivelé : + 660 m / – 1009 m ;  durée de l’étape : 6 h 03  IBP 96

J 7 Le Pont-de-Montvert - Florac

Encore une étape difficile qui débute d’entrée par une sévère montée vers le plateau de la cham de l’Hermet jusqu’au pont de Fiarouse où nous suivrons la D 20 quelques instants avant de rentrer dans la forêt domaniale du Bougès au cœur du Parc national des Cévennes. 

Rencontre imprévue sur le sentier
Nous laissons le Pont-de-Montvert derrière nous
Deux vues du plateau de la cham de l'Hermet

Nous empruntons une piste forestière en direction du signal du Bougès avec prudence car un gros chantier forestier est en activité dans ce tronçon. 

Un engin imposant
Le signal du Bougès est tout près...

La descente vers le col du Sapet nous laisse découvrir de magnifiques paysages.

Nous suivons une bonne piste forestière pendant quelques kilomètres avant de quitter le GR 70 pour le GR 68 et entamer une délicate descente en direction de Florac et de notre gîte bien-nommé  « L’Étape ».

Les chiffres du jour : distance : 26 km ; dénivelé : + 779 m / – 1133 m ;  durée de l’étape : 8 h 07  IBP 101

J 8 Florac - Cassagnas

Étape de récupération qui nous fait quitter Florac par la D 907 en suivant le cours du Tarnon. Nous le traversons au pont de Barre pour longer  la rive gauche de la Mimente jusqu’au vieux moulin de Lacombe, avant d’emprunter un agréable chemin en sous-bois nous menant à la N 106 d’où nous franchirons le pont enjambant la Mimente à  Saint-Julien-d’Arpaon.

En longeant le Tarnon nous pouvons deviner le chemin que nous avions emprunté la veille
Sous-bois vers St-Julien-d'Arpaon

Nous poursuivons notre chemin sur l’ancienne voie ferrée transformée en voie verte qui surplombe la rive droite de la Mimente. Tunnels et ouvrages d’art témoignent du passé ferroviaire de la région. Le chemin retrouve ensuite des sentiers forestiers et des hameaux aux maisons de schiste avant l’arrivée à Cassagnas, où nous serons logés dans l’ancienne gare transformée en gîte baptisé « L’Espace Stevenson ».

Sur la voie verte
Attention, un train peut en cacher un autre...

Les chiffres du jour : distance : 17 km ; dénivelé : + 394 m / – 272 m ;  durée de l’étape : 4 h 31  IBP 50

J 9 Cassagnas - Saint-Étienne-Vallée-française

Cette journée marque l’entrée dans les Cévennes les plus authentiques.  Les forêts de châtaigniers dominent désormais le paysage, entrecoupées de pins, de landes. Des murets de schiste et par endroit des séchoirs à châtaignes témoignent du labeur harassant de générations luttant pour leur survie. Le chemin s’élève progressivement vers le col de la Pierre plantée, lieu de trois féroces batailles au Plan de Fontmort entre les Camisards et les troupes royalistes, avant de descendre vers Saint-Germain-de-Calberte.

Passage au col de la Pierre plantée
Cultures en terrasses à St-Germain-de-Calberte

En poursuivant vers Saint-Étienne-Vallée-Française, les paysages deviennent plus méditerranéens. Les terrasses de culture, les anciens chemins muletiers et les châtaigneraies rappellent combien le châtaignier fut longtemps « l’arbre à pain » des Cévennes, nourrissant des générations entières.

Enfin pour rester dans la tonalité de cette journée il nous a  fallu trouver un gîte en accord avec  l’ambiance des lieux et paysages du jour. Nous ne pouvions mieux tomber qu’au gîte « Le Pont de Burgen », une affaire de famille qui se perpétue de la meilleure façon possible avec Alain à l’accueil et Thi My à la cuisine (la daube de sanglier, sauce à l’orange un régal…).

Le gîte du pont de Burgen
Ambiance...

Les chiffres du jour : distance : 22 km ; dénivelé : + 427 m / – 855 m ;  durée de l’étape : 5 h 44  IBP 68

J 10 Saint-Étienne-Vallée-française - Saint-Jean-du-Gard

Ultime étape qui nous fait traverser le village de Saint-Étienne-Vallée-française, profondément marqué par l’histoire protestante et la mémoire des Camisards, avant de parvenir au pont du Gardon de Mialet et d’entamer la montée vers le col de Saint-Pierre. 

Départ du gîte du Pont-de-Burgen
Vues depui le col Saint-Pierre
Nous arrivons dans le Gard

Passé le col Saint-Pierre nous entrons dans le Gard par la Route royale, appelée aussi plus prosaïquement D 260. Nous la quittons rapidement pour un sentier qui descend progressivement vers les vallées gardoises au travers d’une mosaïque de châtaigneraies, de forêts de chênes verts et de petits hameaux. Les paysages deviennent plus lumineux, annonçant déjà les influences méditerranéennes. Nous abandonnons définitivement le GR 70 au niveau d’Arbousse pour parvenir à Cambonéral, plus précisément au « Pré de Modestine », notre dernier gîte où Évelyne et Michel Verdier nous offriront, comme d’habitude, un accueil au top.

Descente vers Cambonéral
Descente vers Cambonéral
Paysage méditerranéen

Les chiffres du jour : distance : 18 km ; dénivelé : + 652 m / – 743 m ;  durée de l’étape : 5 h 02  IBP 71

Dimanche 20 juin : Saint-Jean-du-Gard - Pessac

Nous quittons nos hôtes du « Pré de Modestine » pour attendre les 2 mini-bus de la Malle postale qui doivent nous prendre à proximité du gîte et nous ramener au Monestier-sur-Gazeille que nous atteindrons vers 12 h 15 mn. Nous reprenons les voitures direction Pessac, non sans nous arrêter au Puy-en-Velay pour partager un dernier repas tous ensemble, avant de se dire au-revoir et se donner rendez-vous à la rentrée de septembre.

Merci à tous les participants qui ont contribué par leur bonne humeur, leur motivation, leur auto-discipline et leur altruisme à faire de ce séjour un moment privilégié.
Un merci particulier à Anne qui a accepté de me seconder et d’assurer les rôles de trésorière et de serre-file,
à Philippe et à Thierry pour la contribution photographique à ce blog,
à Monique toujours aussi précieuse et efficace pour soigner tous les petits bobos,
à Cathy, qui par son implication et la qualité de ses séances d’étirement, a presque réussi à rallier quelques réticents
et merci aussi à tous ceux qui ont parfois  traversé des moments difficiles, d’avoir eu l’élégance et la pudeur de n’en rien laisser paraître.
Encore merci à tous et bravo.
                                                                                                                                                                                           Daniel